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Travailleurs sociaux et déradicalisation : l’enjeu de la formation

L’association Ville et Banlieue rappelle dans ses propositions pour la prévention des dérives sectaires et fondamentalistes dans les quartiers prioritaires remises à la mi-janvier au ministre de la Ville, Patrick Kanner que la lutte contre la radicalisation ne pourra se mener que par le biais des travailleurs sociaux, des éducateurs.

Selon ce rapport, il s’agit de « renforcer les ressources humaines et moyens logistiques des services de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), des services pénitentiaires, y compris ceux des aumôneries, notamment du culte musulman, mais aussi d’insertion et de probation (Spip), des services, souvent associatifs, agissant sous mandat de la justice des mineurs pour l’action éducative en milieu ouvert (Aemo) ».

Après les attentats du 13 novembre 2015, le gouvernement avait immédiatement mobilisé près de vingt millions d’euros pour lutter contre la radicalisation et pour mettre en œuvre les engagements pris dans la circulaire du 29 avril 2014 qui avait mis en place les premiers outils de repérage et d’accompagnement des familles. Cette circulaire était alors novatrice attendu que jusqu’alors la prévention de la radicalisation était exclusivement dévolue à l’action policière.

La problématique spécifique de la lutte contre la radicalisation est que la détection de la radicalisation repose sur des critères peu modélisables. Directrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’Islam (CPDSI), l’anthropologue Dounia Bouzar a conceptualisé ce qu’elle nomme le « Daechland ». Elle souligne à ce titre que la réussite de la lutte contre la radicalisation nécessite « une  meilleure compréhension des mécanismes en œuvre dans les processus de radicalisation, leur prévention dans un cadre partenarial pour assurer une prise en charge éducative ; la montée en puissance des compétences des éducateurs pour leur permettre de disposer de données objectivées et construites sur la radicalisation, l’extrémisme, le terrorisme ; le soutien aux échanges éducatifs autour des phénomènes radicaux, pouvoir lancer des débats de société autour de la neutralité, de la laïcité, de l’interculturalité, etc. ; la compréhension des modes de communication des adolescents, notamment en aidant les éducateurs à décrypter l’actualité, à établir clairement ce qu’est une vraie info d’une autre relayée souvent par les réseaux sociaux à des fins propagandistes ou prosélytes. »

Afin d’accompagner les acteurs du monde social face à cet enjeu majeur, TSA et Dalloz Formation Métiers Publics proposent une journée d’actualité sur ce sujet. Pour plus d’informations cliquez ici.