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Une politique globale d’accueil des migrants ?

Dans le cadre des accords européens, la France devrait recevoir plus de 30.000 réfugiés venus de Turquie, du Liban ou encore des « hotspots » grecs ou italiens d’ici la fin de l’année prochaine. Par ailleurs, des milliers d’autres migrants arrivent également par leurs propres moyens et demandent l’asile en France. Face à cette situation de nombreux acteurs attendent une réponse globale de l’Etat au-delà de l’action de certaines collectivités et association.

 

Mardi dernier, lors de l’annonce par Anne Hidalgo de l’ouverture d’un « centre de premier accueil des migrants » sur des terrains « en friche » appartenant à la ville, la Ministre du Logement et de l’Habitat durable, Emmanuelle Cosse, a souligné que dans cette crise, « aucun territoire ne peut s’en sortir seul, et la clé du succès repose sur la solidarité nationale ».

 

Par cette déclaration, la Ministre semble répondre à la lettre ouverte qu’une douzaine d’associations lui a adressé cet été ainsi qu’au ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Cette lettre, signée par des associations comme France Terre d’Asile, la Cimade, Médecins du monde, l’Unicef, la Croix rouge française, la fondation Abbé-Pierre ou Emmaüs France demandait « la mise en œuvre rapide d’un plan d’ensemble qui intègre, outre l’hébergement, l’amélioration du premier accueil, de l’accès à la procédure d’asile et une politique d’intégration par le logement, l’emploi et l’éducation/formation ».

En effet, selon ces associations, les 161 centres d’accueil et d’orientation (CAO), répartis dans 78 départements, n’ont accueilli que 5.500 personnes qu’elles ont essentiellement orientées principalement depuis les camps de fortune de Calais et Grande-Synthe, mais aussi de Paris. En outre, elles sont souvent saisies trop tardivement, après une longue période où les migrants vivent dans des conditions très précaires, sans domicile fixe.

 

Ainsi, même si l’Etat a établi cet été une charte de fonctionnement des centres d’accueil et d’orientation, en lien avec les associations décrivant les conditions d’accueil et de localisation, les taux d’encadrement, et les prestations telles que la restauration, l’évaluation (juridique, sociale et médicale) de la situation des personnes accueillies et l’accompagnement adapté, la sécurité, etc., les associations aspirent à une politique d’accueil plus globale.

 

Au-delà de la prise en charge en CAO qui vise à permettre aux personnes migrantes sans-abri de bénéficier d’un lieu où se poser le temps de déposer, ou non, une démarche de demande d’asile et qui leur permet également d’avoir accès à une offre de soins adaptée et d’être orientées rapidement vers des structures qui correspondent à leur situation, les associations aspirent à trouver une solution durable notamment dans le cadre de l’annonce de la fermeture de la « jungle » de Calais. En effet, en déplacement à Calais vendredi 2 septembre, Bernard Cazeneuve a réaffirmé l’intention de l’Etat de démanteler le « plus rapidement possible » cet espace où sont concentrés entre 6.900 et plus de 9.000 personnes selon les sources.

 

Sur ce sujet complexe, Dalloz Métiers Publics propose notamment une formation sur la protection sociale des étrangers qui va au-delà de la seule question des migrants.